Table     ronde     organisée
en     collaboration      avec
P è l e r i   m a g a z i n e
 

 

L’ Art comme accès à l’absolu 

Symposium au Prieuré St-Maurice, le 25 avril 2019 à 10h30 et 14h30
avec Philippe Royer, grand reporter à Pèlerin magazine

 

Il semblerait que la modernité ait remis en cause l’accès à l’absolu. Le scepticisme, le relativisme, le dégoût de l’instrumentalisation politique et/ou intégriste des religions et l’incontestable triomphe des technosciences nous ont détourné de cette idée qu’il existe une dimension qui nous transcende et nous inclut à la fois.

Ce qui était naturel durant des millénaires est devenu problématique pour notre temps. Mais la soif d’absolu demeure, car elle est constitutive de notre humanité. Sans elle nous sommes incomplets : « Nous sommes crucifiés dans une seule dimension alors que le monde est multidimensionnel », comme le dit le cinéaste russe Tarkovsky.

Cette incomplétude appelle une connaissance de cet absolu qui est fondamentalement une connaissance de soi, aussi ancienne que l’homme, celle qu’évoquait l’inscription «Connais-toi toi-même» gravée sur l'architrave du temple de Delphes, et qui est au cœur de toutes les traditions spirituelles. Connaissance que ni la science ni la technique pas plus qu’une conception étroitement rationaliste de la philosophie ne sauraient nous donner.

Vers où tourner nos regards dès lors ? L’adhésion à la foi ou à un dogme nous semblent si contraires à notre liberté, qu’il nous faudra revenir à ce qui fut et reste la voie royale vers l’absolu : l’Art.

La contemplation et la création artistique nous permettent d’accéder à cette connaissance transcendante.
Ce sont les creusets où s’offre la possibilité d’une expérience sensible du suprasensible. Le sensible (visible pour les arts plastiques, audible pour la musique) contemplé avec une attention ouverte révèle sa participation intime au Divin (comme le diraient les monothéismes ou à l’Inconditionné comme le diraient les bouddhistes).

Pour tout être humain, la beauté est à portée de main. S’il ouvre ses cinq sens à la Création, l'homme accède à la vie profonde. Sa vie même sera faite de beauté vécue en osmose avec le ciel, la terre, les fleurs, l'arc-en-ciel, le feu, le vent... La noblesse de l'être humain, sa dignité n'ont pas de prix et c'est dans la beauté que son cœur s'éveille à la vie, à la fraternité.

Nul besoin de croire à quelque dogme que ce soit pour ressentir que les peintures zen ou celles de Wassily Kandinsky nous relient, via des formes visibles, à ce qui n’a pas de forme. Comme la foi, mais de manière différente, l’art nous libère d’une vision réductrice de l’existence et « donne à notre âme », comme le dit le grand peintre russe, « une nourriture que lui seul peut nous apporter ». C’est l’art qui nous permet de renouer avec ce qu’il y a de plus vivant et vibrant dans les traditions religieuses qui redeviennent alors intelligibles pour nos esprits contemporains.

Il est vain d’opposer tradition et modernité de ce point de vue. Les artistes modernes n’ont jamais abandonné ce lien avec le sacré, dans ou hors d’un rapport avec une tradition donnée, et ils ont continué à vouloir faire de l’art le moyen suprême de la connaissance de soi.

Table ronde animée par Philippe Royer, grand reporter à Pèlerin, avec :

Jonathan Shimony, professeur d'Histoire de l'Art à l'Université américaine de Paris, interviendra sur le thème : "Enseigner les classiques à travers l'art : Visualiser Platon".
Deborah Jenner, chargée de cours à la Sorbonne, interviendra sur le thème : "Le Sacré dans l'art asiatique et son influence sur l'art moderne".
Damien Brohon, artiste et conférencier, interviendra sur le thème : "L'art sacré entre sensible et suprasensible".
Adam Wallenberg, artiste, curator, philosophe praticien et enseignant en arts appliqués, interviendra sur le thème : "Vide existentiel et Resacralisation".
Muhammad Vâlsan, écrivain, est investi dans le dialogue inter-religieux et participe à de nombreuses conférences internationales.